Le whisky français a-t-il de la bouteille ?

Depuis près de 30 ans, des distilleries fleurissent sur le territoire français avec pour ambition de créer un whisky bleu-blanc-rouge digne de ce nom.

Même s’il s’est réveillé un peu tard – sans doute en raison de l’important décalage horaire –  le coq français tenterait-il de chanter plus fort que ses voisins écossais et irlandais ?

Peut-être s’est-il rendu compte – toujours un peu tard – que la France était le premier pays importateur de scotch et qu’il était peut-être temps d’anticiper une éventuelle pénurie face à laquelle il craint d’être démuni ?

Quoi qu’il en soit, le coq français compte bien émerveiller de son plumage coloré les pâles licorne écossaise et mouton irlandais.

 

La tradition écossaise offre au whisky français l’occasion de jaillir pour la première fois.

En effet c’est à Wareghem en Bretagne que le premier whisky français apparaît en 1983, inspiré des techniques de fabrication écossaise. C’est ensuite la distillerie des Menhirs qui se lance en 1998 dans la distillation d’un whisky à base de blé noir élaboré suivant la méthode écossaise. La Bretagne et donc une terre promise à la cause du whisky du fait de ses racines Celtes, son histoire paysanne et sa proximité avec l’Ecosse.
À l’opposé, l’Alsace n’est pas en reste, puisque les distilleries Bertrand, Hepp et Lehmann se lancent également dans l’aventure, dans une région où l’on distille depuis le 15e siècle.

Aujourd’hui, le coq français chante donc au clocher d’une cinquantaine de distilleries commercialisant leur propre whisky.

Mais aura-t-il assez de voix pour se faire entendre face aux géants historiques écossais qui distillent depuis 500 ans ? Notre petit trentenaire a fière allure avec sa poitrine flamboyante et gonflé d’ambition. Sera-t-elle percée un jour par une corne mieux élimée par les épreuves du temps ?
Le costume français que porte ce nouveau whisky n’est pas qu’un effet de mode. Certes, “Made in France” est un label qui attire et qui peut être délaissé au profit de “valeurs sûres” s’il n’a pas convaincu assez vite. Quel français ne soutiendrait pas la distillerie locale qui égaye son paysage quotidien? Celle dont il se sent proches parce qu’il y connaît les origines du whisky, touche la terre fertile, il voit grandir les céréales, observe les moissons. Par fierté locale.
Mais cette fierté n’est pas éternelle autant que l’homme qui la porte, et le whisky français n’a que très peu de bouteille face à ses parents étrangers.

La richesse du whisky français c’est sa liberté.

Certes, il doit répondre à un cahier des charges bien précis s’il veut s’appeler whisky – être embouteillé après un vieillissement de minimum 3 ans en fût de chêne, et être à minimum 40 %.
Contrairement au vieux scotch, reconnu de tous et standardisé, le whisky français, lui, n’a pas une histoire ancienne pour lui coller à la peau. Il commence à peine à écrire la sienne profitant d’une diversité des terroirs qui n’existe nulle part ailleurs.
Un whisky breton peut-être élaboré à partir de multiples céréales (orge, blé, blé noir, sarrasin, triticale, seigle, épeautre, maïs, avoine). La distillerie Warenghem use de cette liberté et utilise une orge bio local et fait vieillir son whisky en fûts de chêne breton.
Un whisky alsacien peut s’affiner sous d’autres essences que le bois de chêne au-delà des trois premières années comme l’acacia par exemple.

La liberté donnée au whisky français est le gage d’une créativité (parfois sans limite comme nous le montre Kuentz qui fait vieillir certaines de ses bouteilles sous la mer).

Ainsi le whisky français n’a pas dit son dernier mot- il n’en a écrit que les premiers. Cocorico !

Astrid

Astrid

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